Santé bucco-dentaire du chien
Dernière mise à jour : 13 oct.

Les problèmes dentaires sont un motif de consultation fréquent en médecine vétérinaire : mauvaise haleine, dents colorées, gencives rouges... Mais il ne s'agit là que de la face visible de l'iceberg ! De nombreuses pathologies dentaires évoluent discrètement et passent parfois inaperçus. Pourtant, des dents et des gencives douloureuses peuvent rendre l'alimentation, la mastication, le jeu et le toilettage inconfortables, voire insupportables, pour nos compagnons. Prendre soin de leur santé bucco-dentaire, c'est préserver leur confort et leur qualité de vie sur le long terme !
Le tartre : un problème qui ne se résume pas à l'esthétique
Les caries dentaires sont rarissimes chez le chien. Pour autant, il existe une maladie dentaire grave dont souffrent de nombreux chiens : la maladie parodontale.
Après chaque repas, une fine pellicule composée de bactéries et de résidus salivaires se forme à la surface des dents : c'est la plaque dentaire. Si elle n'est pas régulièrement éliminée, elle se minéralise et se transforme en tartre, une couche dure qui adhère et colore les dents, et qui sent mauvais.
Mais le problème ne s'arrête pas là ! Les bactéries présentes dans la plaque dentaire, désormais protégées par la couche de tartre, prolifèrent et peuvent provoquer une inflammation des gencives, appelée gingivite. Sans prise en charge, cette inflammation peut évoluer vers une parodontite, qui atteint les tissus soutenant les dents (gencive, os, ligament parodontal). À un stade avancé, les racines dentaires sont rongées par l'infection, la gencive se rétracte (récession gingivale), les dents perdent en stabilité, se mettent à bouger, et peuvent tomber. Les cas les plus sévères peuvent conduire à une ostéomyélite (infection de l'os) de la mâchoire pouvant favoriser les fractures de mâchoire (notamment de la mâchoire inférieure).
Cette maladie est douloureuse, même si certains chiens continuent de manger normalement !
Quels sont les signes qui doivent alerter ?
Certains signes peuvent évoquer un problème bucco-dentaire, et nécessitent de consulter un vétérinaire :
Une mauvaise haleine persistante
Des dépôts jaunes à bruns persistants sur les dents
Des gencives rouges, gonflées ou qui saignent
Une salivation importante et malodorante
Une difficulté à mâcher, une préférence pour les aliments mous, un refus des croquettes alors que l'animal les mangeait bien auparavant
Une diminution de l'appétit, une perte de poids (non provoquée par un régime volontaire) ou un changement de comportement (chien qui ne joue plus, qui refuse les friandises à mastiquer)
Dans tous les cas, même sans aucun des symptômes listés ci-dessus, un examen de la bouche de votre animal une fois par an (au cours de la visite vaccinale, par exemple) est indispensable pour s'assurer qu'aucune pathologie silencieuse n'est en présente.
Comment prévenir les problèmes dentaires
Le brossage des dents est la méthode de prévention la plus efficace. Idéalement, il doit être pratiqué une fois par jour pour prévenir durablement le dépôt de plaque dentaire, mais un brossage de dent 2 à 3 fois par semaine permet déjà de diminuer le dépôt de tartre de façon notable. L'utilisation d'un dentifrice enzymatique aromatisé spécial pour chien est recommandée pour faciliter ce soin. Pour habituer votre chien, commencer progressivement : laissez le renifler et mâchouiller la brosse avec le dentifrice, puis introduire la brosse à dent dans la bouche, quelques secondes au départ, en augmentant chaque jour la durée du soin, jusqu'à être capable de brosser l'ensemble des dents (surtout celles du fond !) pendant 2 minutes.
La mastication : les lamelles à mâcher et jouets en caoutchouc (de taille adaptée) à picots sont sans risque et peuvent permettre d'apporter une aide complémentaire, mais ne sera jamais aussi efficace qu'un brossage quotidien. La mastication occasionnelle de bâtons et noix de coco peut également aider à prévenir la plaque dentaire, mais présente des risques pour la santé digestive du chien s'il en ingère des morceaux. La mastication d'os présente un risque sanitaire (prolifération de bactéries pouvant entraîner des gastro-entérites), un risque de constipation et de perforation intestinale (notamment avec les os de poulet et de lapin) et un risque de fracture et d'abrasion dentaire.
Le détartrage : lorsque le tartre est installé, le brossage ne suffit plus à l'éliminer. Un détartrage, réalisé en clinique, permet de venir casser et détacher la plaque de tartre, tout en préservant l'émail de la dent. Un polissage est ensuite réalisé pour lisser la surface de la dent (ce qui ralentit la récidive du dépôt du tartre, qui a plus de difficulté à s'accrocher). Une anesthésie générale est indispensable pour réaliser un détartrage complet de bonne qualité, car le nettoyage sous la gencive (où se développe la maladie parodontale) nécessite une immobilité parfaite et serait trop désagréable pour un animal vigile, même sage et gentil ! Des protocoles d'anesthésie très sécurisés sont employés : les animaux sont endormis, intubés et placés sous anesthésie gazeuse légère. Un bilan sanguin pré-anesthésique est recommandé aux animaux âgés, afin d'adapter leur prise en charge.
La fréquence recommandée des détartrages varie entre 6 mois et plusieurs années, selon l'âge de l'animal, sa race, la qualité de ses dents, ses habitudes d'hygiène dentaire... A noter que l'Organisation Mondiale de la Santé recommande 2 détartrages par an chez les humains, alors même que ceux-ci se brossent les dents 2 fois par jour !
Enfin, prendre soin de la santé bucco-dentaire de votre chien, c'est bien plus que de lui offrir un joli sourire : c'est également contribuer à une bonne santé globale! Les maladies parodontales peuvent en effet favoriser le passage de bactéries et de médiateurs inflammatoires dans le sang, avec des répercussions possibles sur d'autres organes, comme des endocardites sur le coeur, des insuffisances rénales, ou des trachéites chroniques.

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